Le projet de modernisation de Roland Garros

Le projet de modernisation de Roland Garros

vue_du_court_des_serres_dauteuil-jpgConstruit en 1928 en bordure du bois de Boulogne, afin de permettre aux quatre « Mousquetaires » français René Lacoste, Jean Borotra, Henri Cochet et Jacques Brugnon de défendre, dans un cadre à la mesure de l’événement, la Coupe Davis, conquise un an plus tôt sur le sol américain, le stade Roland-Garros abrite chaque année, depuis cette date, les Championnats internationaux de France de tennis. Cette épreuve accueille tous les ans environ 500 joueurs et près de 400 000 spectateurs.

Mais face à ses concurents qui se modernisent, Roland Garros doit s’adapter, s’agrandir. Dans ce but divers projet d’implantation avait été envisagés (à Gonesse, Versailles et Marne la Vallée). Mais l’histoire de Rolland Garros, l’attachement des joueurs et du public à ce lieu a convaincu la FTT de conserver Roland Garros à Paris.

Cependant, il faut renforcer l’attractivité du tournoi et pour cela, une évolution du stade est nécessaire. Son réaménagement doit répondre aux nouvelles attentes des joueurs, du public, des partenaires et des médias. Roland Garros doit donc se moderniser (couverture du stade pour jouer la nuit et sous la pluie) et s’agrandir. C’est dans ce contexte que le projet d’extension a vue le jour.

Or, l’environnement proche, ce sont les serres d’Auteuil construites en 1897 par l’architecte Camille Formigé, un patrimoine architectural rare qui abrite un patrimoine naturel non moins rare avec une extraordinaire collection de plantes et fleurs. Un site exceptionnel dont les constructions de verre et de métal répondent aux canons de l’architecture de la fin du XIXe siècle en pleine vogue des jardins d’hiver. Les bâtiments les plus remarquables bénéficient d’une protection au titre des Monuments historiques. Pour des raisons pratiques des serres techniques et des serres chaudes ont été  construites dans les années 1980 et en 2001, sans valeur architecturale.

Le projet d’extension prévoit d’accroître la surface d’un tiers (de 8.5 à 12.8 hectares), de couvrir les courts Philippe Chatrier et Suzanne Lenglen et  de construire un nouveau court de 5000 places  au fond des serres d’Auteuil à la place de serres techniques (qui, rappelons le, n’ont pas d’intérêt architectural). La Mairie de Paris a négocié la préservation complète des serres historiques, de son jardin et de son accès. De plus, de nouvelles serres les remplaceront autour du court, qui feront écho de façon contemporaine à l’architecture des serres de Formigé et contribueront à l’embellissement du Jardin. Pour information, l’ensemble des collections actuellement existantes seront présentées sur le site à terme. Le déplacement des végétaux pendant la durée des travaux sera limité au strict nécessaire et supervisé par le Muséum d’Histoire Naturelle.

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eeeeeeeeeVue des serres d’Auteuil après l’extension                           Vue actuelle des serres d’Auteuil

De plus, la configuration hors tournoi, rendra aux parisiens près d’un hectare d’espaces verts sous forme de jardin public sur la place des Mousquetaires. Les bâtiments en meulière pourront accueillir des manifestations culturelles et artistiques à usages associatifs, ainsi que des activités pédagogiques. Autant de réalisations concrètes qui amélioreront le quotidien des riverains.

Un projet alternatif présenté par certaines associations (opposées au projet) consisterait à couvrir l’autoroute A13 pour y construire un stade. Si cette solution parait séduisante a priori, elle est très incertaine et pose plusieurs problèmes :

– le coût : estimé entre 25 et 53 M € par certaines associations, le conseil de Paris à voté le 25 février dernier un vœu pour une étude plus précise (voir conclusion ci-après). Cette piste pourrait s’avérer beaucoup plus chère et donc difficile à financer. Or il n’est pas question d’un financement public;

– l’opportunité de la couverture des périphériques et autoroutes parait plus prioritaires aux endroits où habitent des riverains comme à la porte de Saint-Cloud par exemple ;

– le classement « espace vert » de la zone  considérée : elle empêcherait la construction d’un stade. Cette contre proposition serait-elle insincère? Quand bien même la solution serait financée par la FFT, elle se heurterait donc à de nouvelles contraintes juridiques…et à de nouveaux recours des opposants à l’extension de Roland Garros.

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Le rapport comparatif sur les deux projets d’extension de Roland Garros a été remis le 18 mai dernier à Anne Hidalgo. Ses conclusions indiquent très nettement les avantages du projet porté par la FFT par rapport au projet alternatif.

En effet, ce dernier ne répond pas aux nécessités de la FFT ni pour l’extension du site ni pour les besoins du tournoi international de Roland Garros. Le projet alternatif est également beaucoup plus cher que celui de la FFT (+ 68 millions hors taxes) et entraîne des délais incompatibles avec l’échéance de 2024, année des jeux olympiques. Il ne répond pas non plus aux exigences environnementales de limitation du bilan carbone.

Le projet d’extension expliqué par la Mairie de Paris :

Le projet expliqué par Guy Forget (directeur du tournoi de Roland Garros) et l’architecte Marc Mimram en charge de la construction du court « Serre d’Auteuil » :

Le premier clip de la FFT (Fédération Française de Tennis) retraçant le projet d’extension  :